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il était en retard

par reinette 16 Février 2009, 11:19 nouvelles

 


 L’horloge sonnât dix coups, machinalement, elle les compta.

Il aurait dû être renté depuis trois heures au moins.

Sept heures, c’est l’heure limite  qu’il ne devait pas dépasser, c’est l’heure qu’ils avaient arrêtée ensemble à leur dernière discussion sur le sujet et jamais depuis il n’avait dérogé.

Inquiète, elle passait et repassait dans sa tête, toutes sortes de situations qui pourraient expliquer son retard.

Elle avait appelé ses copains, visité les endroits où il aurait pu être. Elle ne savait plus quoi faire.

Elle vivait seule avec son fils et n’avait personne à qui parler.

Ils venaient juste d’emménager dans cette ville, si son fils s’était vite fait des amis, elle ne connaissait encore personne.

Leurs deux couverts étaient restés sur la table, elle n’avait même pas pensé qu’elle pouvait manger sans lui.

Le chien du voisin se mit à aboyer.ses nerfs se relâchèrent. C’était forcément lui qui arrivait. Elle ne bougeât pas, elle ne voulait pas lire de reproches dans son regard. Il n’aimait pas qu’elle l’attende de cette façon fébrile, il disait qu’elle devait lui faire confiance. C’était plus fort qu’elle, tant qu’il n’était pas rentré, elle n’arrivait pas à penser à autre chose.

Elle attendait d’entendre le bruit de sa clé dans la serrure. Les chiens s’étaient tus. Ce n’était pas lui, peut-être un passant tardif ou une bête traversant leur territoire.

Son angoisse monta d’un cran. Elle alluma la télé, une émission de variétés qu’elle regarda sans voir.

Au moindre bruit qu’elle croyait entendre, elle essayait de se rassurer, se disant, cette fois c’est lui. Dans sa poitrine, son cœur était si serré que respirer devenait difficile.

La fatigue eut raison d’elle et elle finit par s’endormir dans le fauteuil. Un bruit insolite la réveilla. Elle jeta un coup d’œil à  l’horloge qui marquait presque trois heures. Elle s’en voulut d’avoir dormi. Quelle mère était-elle pour dormir alors que son fils était dehors livré à tous les éléments.

 Elle allât à sa chambre vérifier sa présence, il aurait pu rentrer pendant qu’elle dormait.

Rien dans la chambre n’indiquait qu’il était venu. Tout était bien rangé. Une chose lui parût anormale, l’armoire était entrouverte. Elle était sûre de l’avoir bien fermée. Elle s’approchât et constata qu’il manquait son jean neuf. Un coup d’œil à travers la pièce et elle se dit que son sac de sport aussi manquait. Puis elle se rappela que justement ce matin il avait mis son jean neuf et qu’il avait sport aujourd’hui. Mentalement elle adressa une prière à Dieu et lui demanda de le lui ramener sain et sauf.

Elle s’assit sur le lit et repensa à toutes ces années derrières eux. Certaines n’avaient pas été faciles. Surtout quand elle a été malade. Il avait à peine un an quand il a fallut l’hospitaliser. Elle n’avait pas de famille à qui le confier, la DDASS l’a donc placé dans une famille d’accueil. A sa sortie d’hôpital elle a dû passer encore deux long mois dans un centre de rééducation et pendant tout ce temps elle ne le voyait qu’une heure ou deux le dimanche quand on voulait bien le lui amener. Il était bien traité et paraissait heureux mais elle avait peur qu’il ne la reconnaisse plus. Ce n’était pas le cas bien sur.

Il y a eu aussi le déménagement, ni l’un ni l’autre ne voulait partir mais le propriétaire voulait vendre sa maison, ils n’avaient pas eu le choix. En attendant de trouver un logement correct, ils ont dû partager une chambre d’hôtel miteuse. Cette période a duré trop longtemps et lui a aigri le caractère. Il aurait eu besoin de son père mais son père était mort avant même qu’il arrive au monde. il ne comprenait pas cet acharnement du sort à leur donner tant d’épreuves.

Il était devenu difficile à gérer mais bon an mal an la situation avait fini par s’arranger.

Elle allât prendre une douche puis se fit une tasse de café. Elle avait l’intention d’aller au commissariat voir ce qu’elle pouvait entreprendre. Il était encore trop tôt, les bureaux étaient encore surement fermés.

Des coups frappés à la porte la tirèrent de ses pensées. Le cœur battant elle allât ouvrir.

Deux policiers en uniforme lui demandèrent si elle était bien madame X et s’ils pouvaient entrer. Ils lui demandèrent de s’asseoir et le plus délicatement possible lui annoncèrent que son fils avait eu un accident, qu’il était à l’hôpital. Ils ne savaient pas si c’était grave ou non mais ils pouvaient l’emmener là-bas si elle le désirait.

Hagarde, elle les suivit.

Pendant des heures, elle attendit devant une vitre à travers laquelle, elle pouvait le voir. Des appareils tout autour de lui le maintenaient en vie. Elle ne ressentait plus rien, tout en elle était anesthésié. Son esprit était avec lui, elle respirait pour lui.

Après un long moment un médecin est venu lui dire que tout irait bien, qu’il avait passé le moment fatidique et qu’il se remettrait.

Que le lendemain il pourrait subir l’opération qui réduirait la fracture de sa jambe.

Elle ne voulait pas rentrer comme il le lui avait conseillé, elle est restée là toute la journée à le regarder en priant.

 

 

 

 

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commentaires

cookies34 19/02/2009 17:39

ouhlala cette histoire m'a mis en haleine jusqu'à la fin...finalement ça se termine bien, ouf! en tout cas bravo, c'est tres bien écrit...bonne soiree, joana

arlette philbois 17/02/2009 19:39

Difficile d'éléver un enfant seule, alors qu'au dehors, chque rencontre peut être un danger.

J'ai aimé vous lire, Ludovic mon fils ainé n'a pas eu de chance , je vous envie de l'avoir près de vous!

Arlette

Cléo 16/02/2009 20:04

Je connais, différemment, mais je connais. Je connais l'attente, l'angoisse et je connais ma fille dans le coma avancé. Dieu merci, elle aussi s'en est bien sortie.
Bises

sel-poivre 16/02/2009 16:19

Quelle limpidité dans tes textes.J'ai bu tous tes mots...

papillon 16/02/2009 14:33

bonne semaine bisous colette

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