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deux périodes cruciales de la vie d'Hélène

par reinette 5 Janvier 2010, 08:54 nouvelles

 



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Hélène, son  petit frère et leur mère Fanny vivaient pauvrement.

Leurs ressources venaient des quelques lessives que faisait Fanny. Autant dire rien car ce travail était très mal payé.


Hélène encore très jeune aidait comme elle pouvait, Elle avait la garde de son petit frère pendant que sa mère travaillait.

 

Ce jour là comme d’habitude Fanny avait fermé la porte, à clé. Trop de dangers pensait-elle dans la maison.

Ils avaient pour consigne de jouer dans la cour. Pour seule nourriture, de l’eau qu’ils puisaient dans un seau à l’aide d’une moque (boîte de conserve dont on avait aplati les bords pour la rendre moins coupante). Le seul repas de la journée se prenait le soir quand Fanny rentrait de son travail.

 

Le petit avait deux ans à peine. Il avait toujours faim et ses grands yeux quémandaient sans cesse.

Miracle, quelqu’un avait jeté des restes de nourriture. Ils s’en régalèrent. Hélène en grande sœur gentille laissa la plus grande part à son petit frère et ne mangea que très peu.

Repus et heureux ils jouèrent tout l’après-midi

 

Le soir venu, le petit frère ne pût manger le repas de haricots qu’avait préparé Fanny.

Il tremblait de fièvre, vomissait tant et plus.

Hélène mal en point, elle aussi, regarda les haricots avec envie mais ne pût les avaler, elle non plus.

Bains d’eau fraîche, massages d’huile, tisanes d’herbes, rien n’y fit. Il dépérissait à vue d’œil.
Le lendemain Fanny réunit les quelques pièces de monnaie qui lui restait, emprunta la somme manquante et fit voir le petit à un médecin.

Trop tard lui dit-il, il meurt de dysenterie.

Il faut mieux surveiller vos enfants et ne pas les laisser manger n’importe quoi.

Fanny le regarda, ne dit rien, lui laissa la somme demandée et rentra chez elle veiller son fils qui mourut dans la nuit.

Hélène se remit de sa dysenterie mais pas de la mort de son frère. Elle se sentait coupable, coupable de lui avoir laissé mangé cette mauvaise nourriture.

 

L’année suivant la mort du petit fut encore plus difficile. Il fallait bien sûr rembourser la dette.

A l’école Hélène n’y allait guère. Pas d’argent pour acheter les cahiers, d’autre part elle devait aider à la lessive.

Fanny en prenait de plus en plus mais sans aide n’aurait pu y arriver. Alors malgré son jeune âge, elle allait chaque jour à la rivière aider Fanny. Elle lavait toutes les petites pièces tels mouchoirs, serviettes, bavoirs culottes etc.… tandis que Fanny lavait le reste.

 

Elle arriva à l’âge de faire sa communion. C’était un gros souci car il n’était pas question de ne pas la faire.

Déjà mal acceptées à cause de leur pauvreté, si en plus elle ne faisait pas sa communion, pour le coup elles auraient été mises au ban de la société.

Il fallait pour cela une robe blanche, et un cierge, que même d’occasions, dépassaient largement leur pouvoir d’achat.

Fanny lavait, lavait et repassait autant qu’elle pouvait mais son travail rapportait si peu qu’elle n’avait toujours pas réussi à réunir la somme.

 

La veille du grand jour, la tête basse et le cœur en grande souffrance, Hélène va à la fontaine remplir son seau. Elle a choisi une heure très matinale pour ne rencontrer personne. Elle n’avait pas envie qu’on lui pose des questions.

Dans la flaque d’eau sous la fontaine, une lueur inhabituelle attire son regard.

Elle se penche et découvre une pièce, une grosse pièce d’argent. Elle la ramasse, regarde autour d’elle et la fourre dans sa poche.

Hélène la donne à sa mère qui d’abord épouvantée veut rendre la pièce.

Oui mais la rendre à qui ?

Jamais, elles n’ont eu en leur possession autant d’argent à la fois.

C’est un miracle dit-elle, pour ta communion.

 

Le lendemain, Hélène parut à l’Eglise dans une jolie robe blanche. La tête haute elle tenait bien droit un cierge d’occasion à peine usé.

 Toutes les têtes se retournèrent sur elle avec dans le regard un peu de jalousie.

Comment la pauvresse peut-elle être la plus jolie ? Car c’est vrai c’était la plus jolie petite fille qu’on n’ait jamais vue.

 

Cette pièce marquât un tournant dans leur vie car elle payât non seulement la robe et le cierge de communion mais remboursât aussi le reste de la dette et leur permît de redémarrer une nouvelle vie.

 Elles n’étaient toujours pas riches, mais Hélène ayant grandi pouvait faire des lessives elle aussi et elles n’avaient plus de dette.

La vie leur fût un peu plus légère.

 

 

commentaires

virjaja 19/01/2010 10:45


elle est très belle et émouvante cette histoire...bon mardi. cathy


esprit de fée 09/01/2010 19:41


Belle histoire empreinte de compassion , Esprit de fée.


DEL REY Victor 08/01/2010 18:29


Une bien belle histoire. Je l'ai lu et j'ai eu beaucoup de peine. Dire qu'il y a des gens qui vivent encore de la sorte et rare sont ceux qui peuvent s'en sortir réellement.....

N'hésitez pas à visiter mon blog et ses buts :
http://victordelrey.over-blog.com/
A bientôt !!!


enriqueta 08/01/2010 17:32


Quelle tristesse!


fab 06/01/2010 10:09


Même quand tout semble difficile il faut croire au soleil il revient toujours ....
Bonne année ma Reinette une bonne santé et beaucoup d'amour et d'amitiés !


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